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Not all noisy things are poorly designed

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Mer 17 Aoû - 19:49
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mon avatarWayat Macnishmon avatarLe jardin lunairemon avatarIvy Millicent Lloyd

Not all noisy things are poorly designed

feat. Wayat

De ses doigts libres glacés - l’automne venait à peine de pointer son nez, et déjà le froid et le vent lui mordaient impitoyablement la peau - elle resserra le col de son élégante veste autour de son cou, gardant un œil sur les alentours ; si on la surprenait avec la ridicule créature flottant à quelques centimètres d’elle, les hypocrites questions viendraient, et avec elles le douloureux et encore brûlant souvenir de l’humiliation.

La petite masse gluante se tortilla dans les airs, s’étirant dans tous les sens, essayant d’atteindre la jeune rousse; il lui sembla percevoir ses petits grognements visqueux. C’en était presque obscène. Probablement que si la petite bestiole s’était écrasée sur son visage plutôt que sur sa nuque, elle serait morte étouffée. Puisqu’elle ne semblait pas vouloir la lâcher d’une semelle, Ivy l’écarta prestement à l’aide de sa baguette, lui intimant d’un autre geste impérieux de la suivre. À ses pieds, Céleste louvoyait entre les plantes et les rochers du sentier, lui lançant de temps à autre de curieux regards. Parfois, elle sautait pour essayer d’attraper l’étrange pâte flottante, mais celle-ci semblait attachée à sa survie puisque, malgré la poigne de fer de la baguette d’Ivy, elle parvenait à échapper de justesse aux griffes du petit chat.

L’immaturité d’Emily Watkins était décidément affligeante, pensait Ivy; bien-heureusement sa créativité venait, dans une certaine mesure, pallier à ce défaut, tout comme sa détermination. Ivy aurait sans doute pu sentir l’entourloupe si elle avait prêté une attention suffisante à Emily, qui s’était échinée toute la semaine durant au-dessus d’un chaudron dans les combles de la bibliothèque pour parvenir à ce résultat. La rousse, à défaut de se venger contre la jeune femme qui avait encore l’audace de prétendre être son « amie », s’appliquait à épancher son animosité contre la misérable bestiole. « Odieuse vermine. » Celle-ci avait pourtant de jolis airs de voie lactée, avec ses motifs galactiques et ses paillettes d’étoiles, de telle sorte qu’il était difficile de la distinguer dans la lueur bleutée qui habitait en permanence le jardin lunaire.

Cependant, Ivy ne l’estima pas digne d’une plus grande attention, puisque la jeune fille la délaissa - sans pour autant la défaire de l’emprise de sa baguette; elle n’était pas assez suicidaire pour cela - pour poser son regard sur les splendides créations du jardin lunaire. Elle n’avait pas coutume de s’y réfugier, lui préférant inexplicablement les sombres et discrètes alcôves du château mais avec cette masse qui se tortillait et gémissait à ses côtés, difficile de passer inaperçue. Elle ne souhaitait pas se débarrasser de cette dernière, pas pour l’instant en tout cas; sa rancœur n’avait pas été assouvie. La vue des parterres de fleurs et de plantes frémissant sous le vent et les ailes des curieux insectes qui les parcouraient avait le mérite de l'appaiser. Sous ses yeux, des voltiflores, des achillées, des bleuets, des anémones, toutes plus ravissantes les unes que les autres.

Se frayant un chemin entre les épaisses et ancestrales racines des arbres du jardin, la jeune femme parvint tant bien que mal à maîtriser son petit cauchemar ambulant le temps de dégager de ses amas de feuilles mortes, d’un Ventus sec et bien prononcé, un petit espace à quelques mètres du sentier, où elle étala un plaid puis s’installa.

Une main entourant ses genoux serrés devant elle, l’autre levée, armée de sa baguette en direction de la pâte gluante, elle occupa son temps en tortillant cette dernière dans les airs. L’objet, si l’on pouvait le qualifier de la sorte, n’était vraisemblablement doué d’aucun système nerveux et pourtant il lui sembla entendre des petits crissements de douleur, tandis qu’elle faisait mine de l’essorer. Le spectacle ne lui prodiguait aucune sorte de plaisir, trop fade qu'elle était pour cela; il avait pour seules utilités que d’exhaler le ressentiment qu’elle éprouvait à l’intention d’Emily et de pourvoir à son inactivité.
   
Céleste, elle, semblait comblée de joie, tandis qu’elle sautillait et poursuivait l’innommable bestiole; cette dernière n’était de toute évidence pas au bout de ses peines, du moins jusqu’à qu’à ce que des bruits de pas sur le sentier alertent la jeune sorcière. Celle-ci arrêta le geste de sa baguette, et sa victime sembla, elle aussi, mettre fin à ses plaintes pour tendre une oreille inexistante. Le sentier bien en vue, Ivy ne s’inquiéta pas outre mesure de cette intrusion ; il était presque réconfortant de savoir qu’elle n’était pas la seule assez désaxée pour se promener par un temps pareil dans le jardin lunaire ; elle se remit à faire doucement tournoyer la masse interstellaire dans les airs, accordant ses yeux au sentier de temps en temps. Les faibles jérémiades du petit ectoplasme se firent à nouveau entendre. Ivy claqua la langue, agacée, et serra plus fort que jamais la petite masse, des bras et des jambes gluantes s'échappant en dégoulinant de la poigne magique.
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Feuille de personnage
Expériences Magique:
120/150  (120/150)
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Citation : Apprendre pour apprendre ? Oui c'est intéressant... Mais ce qui me plaît le plus c'est découvrir des choses que personnes n'osent aborder... On nous gave de bouquins mielleux qui feront de nous des balourds empotés. Moi je veux le savoir, je veux la puissance et je l'obtiendrai. Qu'importe le prix à payer.
Niveau : Ensorceleur
Baguette : Bois d'If / 38,5 cm / Poil de licorne.
Spécialité : Les Sciences Occultes
Wayat Macnish
Etudiant en 8ème année - Horned Serpent
Etudiant en 8ème année - Horned Serpent
Jeu 18 Aoû - 0:11
Wayat Macnish






New Frangrance









Beauté éphémère enfantait par des caprices esthétiques d'un monde s'essoufflant au bonheur, des couleurs vives et chatoyantes carrelaient le sol, l'astre divin surveillait de son œil blafard cette nature si peu vivace, endormie. Perché dans les hauteurs revigorantes du ciel, Wayat sculptait dans son imaginaire les rêves de cette Mère admirative, laissant son immaculée lumière embaumer son corps, dansant sous le glas scintillant d'une verdure soufflée par de doux zéphyrs. La lune était merveilleuse.

Trônant probablement au centre du jardin lunaire, le jeune homme perdit un peu d'altitude, renouant avec les hautes branches de quelques arbres. Quel étonnant paysage qui s'animait sous ses yeux, bien qu'il fréquentait cet endroit depuis quelques années déjà, il s'extasiait chaque année à chaque changement de saison : la mort terrifiante de dame Nature, son infatigable soif de vie la conduisant à recycler son propre corps mort, la renaissance et la création de nouveaux êtres, son exaltation à la lumière du jour. Un cycle perpétuel, un recommencement, un assouvissement. Certaines plantes avaient-elles conscience de cette boucle interminable ? En serait-il toujours ainsi ?

Non loin de lui il entendit le souffle glacé d'un sortilège : une autre forme de vie plus maligne rôdait donc dans les parages ? C'était bien étrange par un temps pareil, d'autant qu'aussi éloigné, rares étaient les personnes qui appréciaient une tranquillité aussi manifeste. Suivant la grâce majestueuse d'un courant d'air, Wayat se rapprocha sournoisement de l'étranger.

Volant à quelques mètres au dessus, il constata que l'étranger devint l'étrangère, accompagnait sans doute par une somptueuse pâte à l'aspect plus que ragoutant, mais déchaînant un intérêt tout aussi soudain et passionnel. L'absence totale d'ossature permettait à cet étrange animal de se tordre dans d'obscènes positions, désarticulant son corps flasque et le laissant gambader au gré de ses envies. Pourtant la bestiole ne semblait pas maitresse de ses mouvements, mais sous le joug tyrannique de la rousse l'accompagnant.

Ivy Llyod, vélane en puissance devenue une macabre despote ? La suite des évènements fit pencher la balance vers cette subtile interrogation. Broyant sans difficulté l'être vivant, Wayat constatait, malgré la hauteur, la vipérine capacité de cette pâte à s'étirer et adopter n'importe quelle forme. Cependant, cette impensable aptitude n'octroyait nullement à la jeune fille le droit de martyriser la créature.

Toujours assis nonchalamment sur son balai, le jeune homme descendit plus bas encore pour être vue de la rousse.

« Comment s'appelle le petit monstre que tu essayes de tuer en le broyant ? »

Sa tête était légèrement penchée, son regard fatigué soutenait celui de la jeune fille. Le vent souffla une légère bourrasque, faisant voler sans difficulté la cape traînante du jeune garçon, s'engouffrant avec vice au travers des vêtements. Sa peau se glaça.

« C'est pas l'Imperium que tu utilisais sur lui au moins ? » lâcha-t-il de façon tout aussi monotone, comme à son habitude.





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Mar 23 Aoû - 2:17
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feat. Wayat

Céleste attendait docilement que sa maîtresse daigne se lever pour aller dénicher l’importun qui l’avait interrompue. Les bourreaux sont rarement interrompus dans leur besogne;  la torture qu’elle destinait au petit être gluant n’était pas destinée à prendre fin de manière si impromptue. Ce fut un nouveau bruissement qui fit se lever Ivy, de mauvaise grâce. Elle se hissa doucement sur les jambes, sans délivrer la pâte mouvante de son emprise puis rejoignit le chemin, Céleste sur les talons puis devant elle. Bientôt, le petit félin disparaissait dans l’obscurité; Ivy attendit au milieu du sentier, une main sur la hanche mais Céleste revint bredouille quelques instants plus tard.  Son plaid plié dans une poche de sa cape, un bras sur le ventre, son coude appuyé dans sa majestueuse main libre, une démarche lente et paresseuse, Ivy se remit à marcher. Allure dédaigneuse qu’on lui connaissait bien.

De temps à autre, pour rappeler à l’ordre la créature visqueuse, elle la gratifiait de sèches pressions intermittentes. Ce n’était tout au plus qu’une petite proie entre les crocs acérés d’un vil serpent. Ivy l’éleva au-dessus d’elle et, penchant sa tête en arrière, l’exposa aux frêles lueurs de la lune. La créature, si elle semblait absolument opaque, aussi abyssale qu’un ciel d’étoiles, dans l’obscurité, était presque translucide à la lumière. La jeune sorcière la fit à nouveau se tortiller; ses couleurs valsèrent tendrement du violet au bleu nuit, en passant par un bel indigo. Se désintéressant du spectacle, Ivy aperçut du coin de l’oeil une silhouette masculine juchée sur un balai.  

Un rien agacée de cette « intrusion », Ivy abaissa à nouveau la maudite bestiole, sans doute un peu brusquement; des filaments bleuâtres se virent malmener par la force centrifuge. Le bras le long du corps, sa main perpendiculaire, elle sentait la résistance qu’exerçait le petit ectoplasme gluant. Insatiable énergumène. Cette chose était-elle vraiment douée d’on ne sait quelle forme d’intelligence ? Emily était-elle parvenue à créer un véritable petit monstre tout de visqueux caoutchouc composé ?

« Tu me prêtes de bien basses intentions, Wayat. »

Elle avait toujours trouvé ce prénom étrange. Mais son propriétaire ne lui inspirait ni mépris ni joie particulière; leur maison partagée et leur année d’écart ne les avaient pas particulièrement rapprochés, bien que leurs rares échanges ne soient empreints d’aucune animosité.

« Et de ce que j’en sais, cette… chose, n’a ni de nom, ni de légitimité à en bénéficier d’un. »

Crapule, peut-être ? Ou bien Vermine ? Peu importait; Ivy ne lui portait certainement pas assez d’affection pour gratifier cette bestiole d’un nom.

Tandis que le jeune homme volait à quelques mètres du sol, la jeune femme se mit inconsciemment à suivre tranquillement son tracé. La trajectoire de la petite bête à ses côtés quant à elle, mimait de douces vagues et Céleste, à ses pieds, semblait toute heureuse de jouer en sautant de temps en temps pour tenter de l’attraper.

« Encore une fois, tu sembles avoir une bien piètre opinion de moi. »

Simple constatation. La croyait-on si cruelle ? Wayat Macnish avait-il si bon coeur qu'il en venait à prendre en pitié une simple pâte gluante animée ? Cette chose n’était certainement pas douée de volonté; comme un robot que l’on aurait programmé, Emily lui aurait inculqué dieu sait comment des ordres automatiques, mêmes ordres qui rendait présentement la vie dure à la jeune rousse.

« Que fais-tu ici, Wayat ? »

Involontairement ou pas, l’interrogation avait été exprimée sur un indicible ton désapprobateur; une fois de plus Ivy avait été interrompue dans sa douce vengeance contre la petite vermine.

Elle grelottait légèrement, tandis qu’elle s’appliquait à poser doucement et tranquillement un pied devant l’autre, sur le sentier. La balade avait des airs désolés, qui lui rappelaient les mornes promenades sur les sommets battus par le vents, qui entouraient la propriété des grands-parents Lloyd.

©linus pour Epicode



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