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Viens à moi...

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Feuille de personnage
Expériences Magique:
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Citation : Apprendre pour apprendre ? Oui c'est intéressant... Mais ce qui me plaît le plus c'est découvrir des choses que personnes n'osent aborder... On nous gave de bouquins mielleux qui feront de nous des balourds empotés. Moi je veux le savoir, je veux la puissance et je l'obtiendrai. Qu'importe le prix à payer.
Niveau : Ensorceleur
Baguette : Bois d'If / 38,5 cm / Poil de licorne.
Spécialité : Les Sciences Occultes
Wayat Macnish
Etudiant en 8ème année - Horned Serpent
Etudiant en 8ème année - Horned Serpent
Dim 19 Fév - 16:53
Wayat Macnish

Viens à moi...



Une danse et sombre forêt entourait de ses branches apeurées l'autel mortuaire,  une passion déchainée et une exaltante ivresse habitait chaque fibre en ébullition de son corps. La pierre, usée mais solide, le socle, abîmé mais large, étaient prêts à accueillir les offrandes du sorcier. Son vieux grimoire virevoltait autour de son visage, ouvert en deux, Wayat se rassasiait des connaissances dérobées dans la grande réserve. Si l'accès à cette magie lui était interdit, il outrepassait ses droits pour s'approprier un savoir si jalousement gardé.

Des chandeliers éclairaient la scène qu'une sinistre nuit dérobait aux yeux du monde, seul, isolé, loin de toutes activités et oreilles, le garçon s'abandonnait dangereusement à un jeu qu'il découvrait. Saisissant sa baguette, il fit le tour de l'autel en délimitant au sol un cercle qui profanait la terre, tranchant et épais, le rond  marquait parfaitement les lieux du crime. Divine protection meurtrière, elle symbolisait la première marque d'un rituel aussi complexe que lugubre : l'unification infini, l'assemblage parfait et perpétuel de la vie et de la mort, boucle divine d'un schéma intemporel.

Des feuilles vierges s'arrachèrent de son grimoire et sa baguette y inscrivit des symboles méticuleusement recopiés : d'une main il nommait la force à invoquer, la feuille se plia pour se jeter dans le feu d'une lanterne. La flamme, grandissante, se colora d'un vert intense. Sur un autre parchemin il y déposa la marque de son pouce tailladé : l'hémoglobine épousa le papier et tatoua son empreinte. Le sang pur attirait cette magie ancienne, guidant depuis les profondeurs du Styx la route à parcourir, sommant à cette entité inconnue de se manifester. Le papier plongea dans le feu émeraude : la vie se nourrissait de la vie, intensifiant sa force, gonflant son courage...

Une page de son grimoire se tourna lentement tandis qu'il se dandinait gracieusement sous ses mirabelles. Sa baguette se dirigea vers une petite cage, la porte s'entre-ouvrit et virevoltant en sortit un lapin vivant. Les moustaches frétillantes, les pattes velues et les oreilles alertes, l'animal vola jusqu'au dessus de la vasque soigneusement installée au centre de l'autel. Un mouvement sec et rapide du poignet trancha miraculeusement la jugulaire de la bête, le sang coula abondamment, ruisselant sur ce corps à présent inerte et touffu, remplissant généreusement le réceptacle d'une vie s'échappant. La carcasse tomba subitement et rejoignit le liquide rougeâtre : le sacrifice pour la vie, la mort était nommée et l'hôte s'offrait pour accueillir cette force ancienne, cette entité déchaînée, une magie outrageusement puissante.

« Majoresque cadunt altis de montibus Umbræ... » dit-il en lisant la phrase inscrite sur son grimoire. Et si Wayat demandait aux Ombres des hautes montagnes de grandir, il ne s'attendait pas à ce que la lumière disparaissent subitement. « Qu... quoi ? »

Soudainement les flammes vertes s'éteignirent tandis que des ombres jaillirent d'entre les arbres, glissant sur le sol comme des anguilles menaçantes, elles s'engouffrèrent goulument dans la vasque. Le vent se leva et les arbres se mirent à danser dangereusement, les pages de son livre se tournèrent dans tous les sens. Il ne voyait presque plus rien. Portant toute son attention au centre de l'autel, le garçon vit une patte du lapin bouger, elle se posa instinctivement sur le rebord en métal du réceptacle. La bête s'éleva dans les airs, le corps plié, comme fracassé, s'articulant dans des mouvements incertains, le bruit des os s'entre-choquant chantaient leur mélodie. L'animal était mort pourtant il se mouvait juste sous son regard.

Avait-il réussi ? Si l'incertitude l'habitait, Wayat affichait un regard fier et presque hautain. Le rituel était en marche et voilà qu'il pouvait percevoir une incommensurable force habitait la bête face à lui. La puissance s'immiscer dans cette forêt, la force se manifestait et déchaîner toute sa rage, le pouvoir hurler au monde.

Une inscription soudaine trancha l'autel, la pierre se fendit et laissa apparaître un étrange symbole. Le bleu reconnaissait ce genre de signe : une rune gravée ici depuis des années s'éveilla...

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Baguette : Bois d'If / 38,5 cm / Poil de licorne.
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Wayat Macnish
Etudiant en 8ème année - Horned Serpent
Etudiant en 8ème année - Horned Serpent
Dim 19 Fév - 21:01
Wayat Macnish

Viens à moi...



L'immaculée beauté de la rune antique s'intensifia dans un halo rouge sanglant. La pierre laisser suinter une lumière aussi vive qu'intense et le lapin, toujours possédée par une entité cataclysmique, volait toujours aussi lentement au-dessus de l'autel. Le regard de Wayat se perdait, se mêlait entre l'inquiétante noirceur planante et la surprenante et déferlante puissance qu'il sentait danser près de lui.

La forêt était toujours agitée et bientôt elle aussi laissa la lumière l'imprégner. De fines particules blanches s'illuminèrent depuis les hautes branches, le garçon tiqua et assistait avec impuissance à une manifestation, certaine, de Dame Nature. Cette Mère, profanatrice, susurrait de tendres paroles à ses chérubins et rapidement les points blancs se mirent à danser, longeant avec vivacité chaque branche, chaque feuille, chaque tronc, elles vinrent heurter et se mêler au corps cachexique du lapin. Un hurlement terrible retentit au travers les feuillages. La vie combattait-elle la mort ? Le bien tentait-il d'annihiler le mal ? Foutaise ! Aucune de ces notions n'existaient en ces lieux, seul le savoir, seule la puissance régnaient en souverains absolus.

Les particules pénétrèrent l'animal, se débattant dans des cris stridents, Wayat fut comme propulsé par un souffle carnassier lorsque l'hôte du mal balaya d'un coup de pattes les fines lumières brûlantes. Sortit du cercle protecteur, la rune rougeâtre intensifia sa lumière et de l'autel jaillit un sombre et épais nuage sinistre qui s'engouffra, avec hargne et puissance, dans les naseaux du pauvre gibier. Les arbres, les plantes, à l'unisson laissèrent leurs particules imprégner la bête et un combat acharné entre ombre et lumière éclata sous le regard satisfait et figé du garçon. Les hurlements de l'animal imprégnaient les cieux assombris, des craquements percutants creusés les tympans du sorcier et des mouvements frénétiques fendaient l'air.

Soudain un halo noirâtre entoura l'autel et éclata subitement, le parfum enivrant et voluptueux de la mort embauma les narines de Wayat qui, dans un réflexe, plongea sa tête dans ses bras. L'intensité du choc balaya chandelier, cage et grimoire.

Relevant le crâne vers les origines du mal, le jeune homme aperçut le corps décharné, putréfiant, la chair en lambeau et les poils brunis du lapin. Tout cessa subitement, plus aucune lumière, plus aucune vie. Rien. L'animal tomba dans la vasque et le corps pourris commença à aspirer le bonheur, la joie, la fragilité, l'innocence du monde. La pierre de l'autel commença à se ternir puis rapidement le sol devint sec, commença à se craqueler, Wayat se releva avec inquiétude et recula, la mort étendait son étreinte et lorsqu'elle atteignit le premier arbre, les feuilles se mirent à tomber, les couleurs à disparaître. Des oiseaux s'envolèrent tandis que quelques-uns tombèrent au sol, desséchés, inertes. Il devait fuir.

Se mettant à courir dans n'importe quelle direction, le bleu sentait la mort derrière lui, toujours affamée, dévastant tout sur son passage. La nature se flétrissait sous son regard impuissant et la faune fuyait la grande faucheuse. Soudain une acromentule bondit sur lui, elle le fit trébucher face contre terre tandis qu'elle brandissait fièrement ses crocs venimeux. Il poussa un cris de terreur avant de se mettre en ramper lamentablement comme un insecte. Affamée, elle se prépara en déchiqueter la chair fraîche et tendre... mais la mort la vida bien avant qu'elle ne se mette à table. Les pattes de l'araignée se figèrent sur place, son poil se terni et gagna rapidement son thorax qui se replia sur lui même, d'autres hurlements éclatèrent avant que sa pose offensive la tétanise pour l'éternité. A l'image d'une statue, la créature se cloua sur place et ne présentait plus aucun danger.

Reprenant les jambes à son cou Wayat fuit les lieux et ce ne fut qu'une fois l'entrée de la forêt atteinte que son corps lâcha. Il tomba au sol tête la première tandis qu'il entendait des bruits de sabots courir vers une mort certaine...

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Lun 20 Fév - 17:59
Wayat Macnish

Viens à moi...



Le souffle coupé, les yeux humides, ses lèvres goutaient la terre fade et insidieuse rampant jusque sur ses gencives. Ses mains broyèrent la pelouse tendre et verdoyante tandis que sa nuque se redressait difficilement. Son esprit, secoué, sembla oublier quelques instants les raisons de sa fuite, la cause de sa chute, l'origine de sa peur.

Ses genoux se plièrent, soulevant ce corps frêle et poussiéreux, tournant le regard vers la forêt corrompue, il aperçut les sabots endiablés d'un centaure courir vers son trépas dans la fougue intentionnelle et déraisonnable de stopper la menace. Wayat se tut, désintéressé et détaché face au sacrifice volontaire de cette bête douée de conscience. La mémoire lui revenait par fragments désassemblés, un puzzle se constituait dans ses songes profanateurs et un rictus tatoua son visage pâle.

Ce relevant, son cœur s'apaisa et ses pulsations devinrent plus régulières. Si son hémoglobine était enflammée, elle se gela sous cette terrifiante nuit assombrie par d'épais nuages. Le tonnerre gronda subitement et le regard endiablé du garçon admirait le mal dévorer la bienveillante verdure luxuriante. Se ternissant jusqu'au sommet des plus hautes cimes, des arbres millénaires perdaient leur vigueur ancestrale, l'écorce détachée, des squelettes de bois étendaient leurs griffes.

Regardant tout autour de lui, Wayat constatait que la mort n'étira pas son emprise au-delà de cette forêt et la terre, affreusement molle, semblait avoir gardé toute sa splendeur jusqu'à ces nouvelles frontières. Une de ses mains tapota son pantalon puis sa veste : où était son grimoire ? Et la cage ? Tout était resté là-bas, balayé dans le souffle, ensevelit sous les feuilles mortes. Heureusement sa baguette était soigneusement rangée et l'instrument de torture n'essuyait aucun dommage.

« Stupide forêt... » pesta-t-il.

Le précieux bouquin disparaissait à jamais et les risques encourus pour le récupérer ne méritaient certainement pas qu'il perde la vie. Mais à présent d'autres questions le bousculèrent : certes il avait lamentablement échoué, manqua de sécher comme une larve et de servir d'amuse gueule, mais les dégâts provoqués ne passeraient pas inaperçus. Probablement même que quelques enseignants sentirent un changement, l'énergie dégagée fut dévastatrice et la corruption laissait s'échapper d'intempestives effluves transpirantes, nauséabondes. Il haussa les épaules. Qui viendrait soupçonner un élève responsable de ça ? Aucun professeur ne pouvait penser leurs chérubins adorés capables de telles atrocités, après tout, tout le monde s'aimait à Ilvermorny non ?

Tournant le dos à cette sinistre corruption, Wayat arrangea sa chevelure argentée avant d'encapuchonner sa tête. Si l'échec cuisant tapissait ses papilles amères, il ne lui manquait plus qu'à décortiquer la réserve, une fois encore, à la recherche d'autres sortilèges, maléfices, rituels. L'envie démesurée d'embrasser la puissance lui prouva, en cette fade nuit, que sa pratique mal assurée et bancale devait être corrigée, ses connaissances voilaient sous une trépignante impatience devaient s'aiguiser.

Avançant d'un pas léger et innocent, le bleu regagna les sentiers vers sa maison commune. Sa dernière pensée alla à ses parents : imaginaient-ils une seule seconde le chemin pavé de noires intentions qu'empruntait leur enfant ? Jouant en cette heure tardive avec quelques pinceaux et toiles vierges, leur insouciance artistique dérobait à leur esprit peu éveillé les réalités du monde. Bien heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière.

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